Navigation paramoteur

C’est pas du parapente mais je vous mets un petit résumé d’une nav paramoteur que je viens de faire.
Bonne lecture :lol:

Dimanche 20 septembre, réveil à 05h00.
Je m’apprête à partir pour ce que j’appelle une grande nav en paramoteur avec mon Flyke.
Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il s’agit d’un chariot paramoteur qui a la particularité d’avoir un pédalier sur la roue avant, ce qui permet de se déplacer au sol en pédalant, pour aller chercher de l’essence par exemple.

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Vu ce qu’annonce la météo, j’ai deux jours pour arriver aux environs de Clermont- Ferrand et pourquoi pas essayer de valider une hélice d’or ffplum.
Après, c’est le déluge selon les prévisions. Déjà, je devais partir la semaine dernière mais on n’est pas gâté en ce moment côté météo.
J’arrive donc au terrain, du coté d’Ath, vers 06h45. Derniers préparatifs. Je suis un peu inquiet car la brume matinale est bien présente par endroits. Heureusement pas sur le terrain.
Derniers préparatifs. Essais moteurs. Les GPS sont branchés et vérifiés. La carte, et son dérouleur fait maison, en place. Y’a plus qu’à…
J’étale l’aile sur le gazon détrempé en me disant que j’ai intérêt à décoller du premier coup sinon ça risque de se compliquer avec l’aile gorgée d’eau.
Gazzzz. Ouf, ça passe. Décollage nickel. Je prends un peu de hauteur au dessus du terrain tout en contrôlant la visibilité.

Ce n’est vraiment pas top. Par endroit les plaques de brume empêchent de voir le sol.
En plus j’ai l’impression que la couronne du démarreur électrique touche quelque chose. Comme si j’appuyais de temps en temps sur le contacteur. J’essaye donc tant bien que mal de vérifier les câbles. Ca semble se calmer.
Conciliabule avec moi-même. Tant pis j’y vais. On verra bien au fur et à mesure. Et au pire, si je ne peux pas passer je ferai demi tour ou me poserai.
Premier tronçon : 14 kilomètres pour éviter la zone militaire de Chièvres. Je me traine à 35/40 km/h . Ath dans la brume me fait de l’œil, comme pour me souhaiter bonne chance.

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Un fois passée la CTR, je mets le cap au 162° direction La Flamengerie, au sud de Maubeuge. Ma vitesse s’améliore un peu : 50/55 km/h. Sachant que ma vitesse normale est de 43 km/h ce n’est pas si mal.
Après 1h40 de vol, j’arrive en vue de la piste de Philippe Lamendin. Je ne me souviens plus trop des consignes de posé. J’essaye de ne pas survoler les maisons avoisinantes et m’aligne pour un atterrissage face au vent. Ralenti. Posé des roues. Et là, quand j’essaye de couper le moteur, problème. J’ai les mains tellement gelées que je n’arrive pas à appuyer sur le coupe contact.
Je me bats avec ce foutu bouton, tout en essayant de maitriser l’aile. Je freine avec les pieds et fini par couper le moteur juste avant de rentrer dans mon aile. Eh ben, pas top ce premier atterrissage.
Heureusement mon hôte ne s’est pas aperçu de l’approximation de mon attéro.
Le commentaire sur la fiche BASULM disait « Très accueillant ». Et c’est le moins qu’on puisse dire. Philippe et sa femme me reçoivent très gentiment. Et le café est le bienvenu pour me réchauffer un peu.
Même pas besoin d’aller faire de l’essence, mon hôte, pilote trois axes, me cédant une partie de la sienne.

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On discute de ma prochaine étape. Je lui explique aller sur LF0851 : Avaux.
Le propriétaire étant décédé, c’est sa veuve qui m’a permis de faire étape ici. Philippe me met cependant en garde, m’expliquant que la base se trouve au milieu de nulle part et que je risque de rencontrer beaucoup de difficultés pour refaire le plein.
Mon autre option est d’aller sur LF5124, Reims concept ulm. Le problème est que je ne suis pas arrivé à joindre quelqu’un là-bas. J’ai laissé un message deux jours plus tôt mais pas de réponse jusqu’à présent.
Ayant participé à une rencontre « automnale » chez eux, il y a de ça 7/8 ans, dans mes souvenirs la piste se trouve quasi en pleine ville. Ca me semble donc la meilleure option.
Décollage nickel et direction Reims. Le temps s’est nettement amélioré et je survole les marais Saint-Boétien avec grand plaisir.

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Après 91 km, avalés en 01h46, j’arrive vertical de Lagery. Tiens, bizarre, c’est pas du tout comme dans mon souvenir. Et puis, c’est drôlement isolé.
Bon, pas le choix, j’ai plus des masses d’essence donc faut que je me pose.
Tout va bien pour le posé, j’ai largement anticipé la coupure moteur cette fois. Faudrait quand même que je me décide à voler avec des gants.
Une fois posé, je suis bien embêté. Coup d’œil au GPS, la station essence la plus proche est à 12 kilomètres et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est vallonné par ici. Pas question d’y aller en flyke.

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J’aperçois des maisons en contrebas de la piste. Bon c’est décidé, je vais aller tenter ma chance auprès de l’autochtone et si je ne trouve pas de solution, j’essaierai de trouver une station essence en vol et de me poser à proximité pour refaire le plein.
Je descends le petit chemin en terre et heureusement je trouve un monsieur dans le jardin de la maison. Je lui explique mon problème et coup de chance, il me propose un bidon avec 7/8 litres de super. Génial … même si ça ne suffira pas à faire le plein.
En sortant de la maison, je tombe sur une joggeuse qui me demande si j’ai trouvé ce qu’il me faut. Elle vient du terrain et a du voir mon paramoteur. Je lui explique que pas tout à fait, il me manque quelques litres, mais que je n’ai pas trop le choix.
« Je vais voir avec mon marri, il est pilote ulm, il pourra peut être vous dépanner d’un peu d’essence ».
Et à peine arrivé au terrain, Jean-Pierre arrive avec un jerrican plein. On complète mon réservoir et il ne veut même pas que je lui paye l’essence.
C’est mon jour de chance dirait-on.
Allez, c’est reparti. Cette fois je mets le cap sur Romilly. J’ai 82 kilomètres à faire et toujours le vent avec moi.
Il fait beau, pas trop de turbulences. Le plus drôle est que je ne croise personne en l’air, si ce n’est des rapaces qui enroulent des petits thermiques.
Moment de panique quand je m’aperçois que je vais passer vertical de l’aérodrome de Sézanne. Comment on fait déjà dans ce cas ?
Je suis à 600 mètres QNH mais je préfère quand même m’éloigner un peu.

Après 01h38 je rejoins Romilly. Tiens, y’a du monde sur la piste. Je trouve un coin pour me poser, me déharnache et rejoins le groupe qui s’est formé au bord de la piste.
Je demande si Jean Badin, le contacte BASULM qui m’a autorisé deux jours plus tôt à venir me poser, est là et je m’entends répondre très froidement :
« Y’a personne de ce nom là ici »
« Ben c’est censé être le président du club et il m’a autorisé à me poser et à passer la nuit ici »
« Ah, Suzan Badin. Moi je suis l’instructeur paramoteur et je ne suis pas au courant »
Et là, limite je me fais engueuler. C’est un peu la douche froide.
En tout cas, j’explique que moi j’ai tout fais dans les règles et que je ne suis pas responsable de leurs problèmes de communication.
Les rapports se détendent un peu mais ce n’est pas la franche fraternité ulumiste que j’attendais, surtout de la part de « collègues » paramotoristes. En gros, je peux rester dormir au bord de la piste mais attention aux voleurs qui rodent la nuit et pour l’essence c’est à 15 minutes à pieds au bout du terrain.
Merci.
Bon, en allant faire de l’essence, à pieds, je trouve un hôtel et juste en face un MacDo.
Discussion avec le réceptionniste, qui me semble au bout du rouleau, mais qui très sympathiquement tente de trouver une solution pour caser ma machine dans l’hôtel.
Je dois dire que l’option hôtel m’irait franchement bien. D’une part je pourrais passer la nuit au chaud mais également recharger les batteries de mes GPS, caméras, et autres appareils consommateurs d’énergie électrique.
Finalement, le réceptionniste me trouve une chambre à 59€ et les clés d’une petite cabane de jardin derrière l’hôtel où je peux ranger mon flyke.
Je retourne au terrain prévenir mes nouveaux « amis » de ma trouvaille et leur dire au revoir. Un coup de pédalage et je range le flyke. Puis je vais chercher de l’essence avec mes jerricans souples qui s’avèrent super pratiques.
Une fois les pleins faits, et une bonne douche plus tard je sors manger un bout.

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Bilan de la journée : 261 kilomètres parcourus en 05h00 de vol. Journée bien fatigante mais hélice d’argent validée. Le plus gros problème du jour : j’ai souffert du froid et de temps en temps le démarreur refait des siennes. Je ne vois vraiment pas d’où ça vient.
Petit point météo avec le wifi de l’hôtel. Aïe, il semblerait que le sens du vent change. Je devrais l’avoir de face dès la fin de matinée. Pourvu qu’ils se plantent.
Lundi 21/09, réveil à 06h00 cette fois. Je veux décoller à 07h00/07h30 maxi pour avoir une chance d’aller jusqu’au bout de ma nav.
Lorsque je sors de l’hôtel, c’est la désillusion. Il y a un brouillard à couper au couteau.
Je pédale quand même jusqu’au terrain. Ca se confirme, on ne voit pas à 50 mètres.

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Je suis rejoins vers 08h00 par mon copain de la veille. On discute un peu et je dois avouer que les rapports sont un peu plus amicaux que lors de mon arrivée. Il m’explique que le brouillard, dû aux bras de Seine, est un vrai problème ici. Et que si ça se trouve à quelques kilomètres c’est dégagé.
Petit à petit ses élèves arrivent et on discute paramoteur et ulm en général. C’est sympa mais je voudrais bien partir, moi. Je vois les heures qui défilent et mes chances de boucler mon parcours s’amenuisent.
Vers 10h00, ça semble s’éclaircir. Aller, je vais tenter une percée. Tous les regards se posent sur moi. J’ai intérêt à faire un beau déco. Heureusement j’assure. Je passe au dessus de la couche et m’aperçois que ça passe largement.
En plus ça ne bouge pas d’un poil. On voit très nettement la couche d’inversion et il fait carrément plus chaud au-dessus. La fumée de la centrale atomique de Nogent me montre que le vent est vraiment nul.

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Je vol pendant plus d’une heure à 43kmh, sans toucher aux commandes, si ce n’est pour mettre ou enlever un peu de trime à gauche afin de compenser le couple moteur.
En dessous, des champs à perte de vue. Personne en l’air.
Après avoir franchit l’E511 reliant Sens à Troyes, je fais face à une sorte de grosse bosse.
Je commence à être pris dans les rouleaux du relief et tente de gagner de l’altitude mais essayant d’économiser l’essence, je m’élève doucement. Je me fais bien brasser. C’est fou comment un relief, pourtant pas si haut et alors qu’il n’y a pratiquement pas de vent, peut générer comme perturbations.
Dès que je passe la bosse, comme par enchantement les secousses cessent.
J’ai à peine le temps de souffler que je m’aperçois que je suis vertical d’une superbe piste en dur.
Moment de panique. Je ne suis pas censé survoler de piste à cet endroit. Rien ne l’indique sur ma carte papier, ni sur mon GPS d’ailleurs.
C’est quoi ce délire ? Serais-je passé au dessus de la zone 51 française. Je m’attends à tout moment à être pris en chasse par des mirages 2000, mais non rien. Mystère, mystère.*

* En fait il s’agirait de la piste LFJM – Chailley qui serait définitivement fermée.

Le paysage devient de plus en plus vallonné et les premiers pieds de vignes bourguignons font leur apparition. Mais ça reste vachable en cas de besoin.
Ma vitesse sol n’augmente toujours pas en revanche. Je reste aux alentours de 40 km/h.
Après plus de 2h00, je suis enfin vertical Cravant-Vincelles LF8951.
Tiens, c’est étrange on dirait qu’il y a deux pistes. Une en dure et une plus étroite, un peu plus loin, en herbe.
Aller on va prendre celle en dure.
Je me pose comme une fleur. Personne sur le terrain. En plus, il y a une barrière fermée par un cadenas. Je suis étonné vu que mon contact sur place m’avait garanti que ce serait ouvert. Pas grave je vais passer sous la barrière.
Je dois aller faire de l’essence. Heureusement Vincelles n’est qu’à 2 km par la piste cyclable.
Je démonte mon moteur, range l’aile dans sa housse et laisse tout ce que j’ai de superflus caché derrière le hangar.

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En sortant du terrain, je tombe sur une dame qui promène son chien. Elle me signe ma feuille de route FFPLUM et alors que je m’étonne auprès d’elle du fait que la barrière soit fermée mon contact me rappelle.
Je lui explique mes mésaventures et lui de me répondre goguenard :
– « Apparemment vous vous êtes posé sur la piste modélisme ».
Heureusement qu’on n’est pas en visio sur le téléphone car je suis rouge de confusion.
Et pourtant, je l’avais bien noté en préparant ma nav. Heureusement, mon interlocuteur n’en rajoute pas et me dit que l’usage de la piste modélisme ne devrait pas poser de problème.
Un petit coup de pédales sous ce beau soleil et j’arrive rapidement à Vincelles. Je trouve facilement le supermarché du coin et sa pompe 24/24. Je remplis mes trois bidons d’essence. C’est quand même bien un Flyke.

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Vu l’heure, je ne pourrais atteindre mon objectif du jour. Donc, plutôt que de continuer vers Clermont et organiser une récup Dieu sait où, j’ai décidé de tracer directement chez mes parents du côté de Sancerre. Pour ne pas trop galérer si je dois faire de l’essence quelque part, je préfère prendre quelques litres en plus.
Je rejoins le terrain et constate que la manche à air s’agite dans tous les sens.
Tranquillement je fais mon plein, range mes affaires et prépare ma nouvelle étape.
Environ 80 kilomètres mais avec du vent de face. Ca devrait le faire.
Je commence à étaler mon aile en travers du terrain, plus ou moins face au hangar.
Ca va être juste mais ça devrait passer avec le vent qu’il y a.
Un fois installé, je vois arriver un monsieur.
Débrellage pour aller prendre contact, expliquer ce que je fais ici et m’excuser pour l’emprunt de la piste.
Rebrellage. Du coup je suis en sueur avec une envie pressente de partir.
Gazzz. Tient l’aile monte plus d’un côté que de l’autre. Pas grave, je vais rattraper à la commande (je n’ai pas de direction aux pieds sur le Flyke). Ca va le faire, je l’ai déjà fait plein de fois.
Oh, merde, le hangar se rapproche et je ne suis toujours pas en l’air.
Et cette p…. d’aile qui repart dans l’autre sens.
Allez, on va forcer un peu tout ça pour vite décoller.
Erreur stupide que je ne peux que mettre sur le compte de la fatigue ou d’une crise de débilité profonde passagère.
Roulis + couple moteur à fond = grosse cata.
Et évidemment ça ne rate pas. Le chariot bascule et l’hélice touche le sol.
Et une pale d’explosée et le monsieur qui accourt vers moi inquiet.
Bon, ben je ne rentrerai pas en vol. Je me maudis d’avoir été aussi stupide. Surtout que cette bêtise c’est la deuxième fois que je la fais. La dernière fois c’était en 2012 et j’avais pu réparer l’hélice. Cette fois ça ne me semble pas possible. Va falloir que j’en rachète une.
Un petit coup de fil à mon frère pour qu’il vienne me chercher au terrain pendant que je démonte mon appareil du mieux que je peux.

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1h30 plus tard, on emballe tout dans le Scénic et direction Sancerre pour 2/3 jours dans la famille en attendant que ma femme fasse la route pour me récupérer.
Le bilan de tout ça ?
356 kilomètres parcourus en 07h18 de vol. Le tout sur deux journées.
J’ai consommé environ 6/6.5 litres à l’heure. Beaucoup plus que d’habitude (aux alentours de 5l/h) mais normal compte tenu du poids supplémentaire.
Le flyke est vraiment l’engin idéal pour ce genre de navigation au long court. Je transportais toute la logistique sans problème (tente, duvet, outils, habits pièces de rechange…). Et aux étapes on dispose d’un tricycle pour aller chercher l’essence ou se déplacer sur quelques kilomètres.
Par contre, j’ai toujours été un peu stressé en abandonnant mes affaires au milieu de nulle part pour aller chercher l’essence (à Reims et à Vincelles).
L’autre gros avantage, c’est qu’on peut tout démonter pour une récup en voiture. C’est l’atout principal du paramoteur sur les autres engins volants motorisés.
Inconvénient, la vitesse de déplacement est quand même très très basse et il vaut mieux avoir le vent avec soi ou beaucoup de temps devant soi. Et puis, on est tout de même vite limité en poids transporté. J’avais prévu un régime et dans l’idée de perde 10 kilos avant le départ mais en fait mon régime m’a fait prendre 2 kilos. J’ai du rogner un peu sur les bagages.
J’ai volontairement voulu rester dans les clous en me posant uniquement sur des terrains ulm. La phase logistique précédant le voyage en a été un peu compliquée. Sur 8 étapes possibles j’ai eu 5 réponses (toutes positives). Un grand merci aux bases qui m’ont reçu ou pas d’ailleurs.
Super content de mon dérouleur de carte fait maison (pardon à ma femme pour son tupper) et des applis Mach7 pour la préparation du vol et VFR (odonati.fr) pour le guidage GPS.

Thomas

Beauraing

Une saison 2014 qui commence bien, l’impatience et la joie de voler était bien palapable sur un déco plutôt surpeuplé ^^ .

déco Joel
Joel

seniors

 

 

 

 

 

 

 

Joël sous sa bonne vieille Nova fût un des premiers à ouvrir le bal en accrochant un timide thermique juste devant nos yeux moqueurs. Les suivants, trop pressés, n’ont pu en faire autant et auront rapidement rejoint l’attérro.

Après une longue attente par manque de vent et ce malgré un soleil généreux, les conditions se sont améliorées et nous auront permis de nous élever à nouveau dans les cieux de Martouzin jusqu’au couché du soleil.  Pas de grande distance aujourd’hui, mais de bonnes sensations retrouvées 🙂